dimanche 26 septembre 2010

Extraits

Film - Fantômes de Jean-Paul Civeyrac

Mouche:
Je veux pas que tu partes.
Bruno:
Détache-moi.
Mouche:
Non
Bruno:
Détache-moi. le jour va se lever. il faut que je parte. détache-moi
Mouche:
Non
Bruno:
Tu vas mourir avec moi!

mercredi 22 septembre 2010

Depuis la chambre

Lui: - Écoutes
Elle: - Quoi?
Lui : - C'est mon groupe préféré
Elle: - Ah - je connais pas - c'est bien

mardi 14 septembre 2010

Violetta - Ma table de travail

lundi 13 septembre 2010

Sortir de notre cabane 3.

Le sauvetage aurait échoué - la cabane serait envahie par les eaux - le ciel se couvrirait - voilà le ciel se couvre.
Et un jour j'ai ouvert les fenêtres et on a entendu crier dehors et je suis tout à coup devenue vieille et ma toux s'est accélérée et j'ai commencé à siffler un air que je ne connaissais pas et j'ai senti l'air du dehors sur mes joues qui n'étaient déjà plus roses et je suis devenue vieille et j'étais peut-être déjà vieille - avant - et j'ai senti sur mon visage le tatouage du squelette et j'ai vu sur sa peau à lui - ma mort aquatique - enfin - ma vague blanche - lui mon déferlement - lui ma lutte suprême.

Sortir de notre cabane 2.

C'est comme un sanglot dans la gorge - quelque chose comme quelque chose de coincé différent des points qui serrent - là c'est une boule je peux la sentir l'ôter avec une pince à épiler j'avale toute la journée la sentir un peu mieux, l'humidifier, toujours l'humidifier me la faire oublier me la faire passer l'envie de recracher - rendre visible - déglutiner l'aglutir l'agglutinement soudain le déglutir.

Dans ce cas précisément tousser ne sert à rien il ne s'agit pas du qui gratte du qui pique du qui coince c'est de l'ordre - de l'ordre de l'excroissance de la poussée de l'orifice soudaine-ment resserré des portes du palais. On appelle ça je ne m'en souviens pas ces portes-là qui montent ou qui descendent et en descendant ça devient le sol sur lequel on marche. Dans ce cas-là on peut dire que la porte est tout à la fois ce qui permet d'entrer - le bois sous le pied appuyé et tout à la fois ce qui laisse dehors - le bois sur le nez refermé - tout à la fois l'acte de côté.

Dans notre cabane - le drap du toit a pris feu

Sortir de notre cabane

Regardez mon cadavre - il traverse la route.

Au mieux être éblouit par le soleil - au pire se consumer à la première inspiration - ne reste plus que LE SQUELETTE. Ne plus savoir respirer sans avoir de témoin.

vendredi 10 septembre 2010

Pour Violetta - je rêve d'eau, d'aquariums, de biotopes, de fantômes et d'amour sous une tente d'indien


BIOTOPE:
le biotope est un milieu biologique offrant des conditions d'habitat stables à un ensemble d'espèces animales ou végétales, il est aussi appelé "lieu de vie".



vendredi 3 septembre 2010

Recherches pour Violetta - le romantisme et l'ennui

- "Le romantisme s'installe parce que l'aventure a pris fin dans la plaine de Waterloo. L'empereur est tombé. Que faire? On s'ennuie à périr. [...], On s'ennuie. On est triste. On n'a plus rien à faire. [...], L'amour a cessé pour longtemps d'être un plaisir. C'est une douleur. C'est une croix. Et ça ne marche jamais. L'amour romantique est taciturne et toujours menacé."
Jean d'Ormesson, Le romantisme.

Recherches pour Violetta - la chambre et l'adolescence

-"Ici le refus de se projeter dans un dehors correspond à un refus de s'inscrire dans une histoire collective fondée sur des rapports de force uniformisant les comportements, les désirs et les croyances: "le monde au-delà de ma fenêtre était brutal et misérable" (l'explosion d'une fusée, la fuite désespérée d'un homme et d'une femme traqués dans un film, ou le regard dur et froid d'une personnalité du monde politique). Si quitter l'adolescence signifie faire l'expérience du monde que nous transmet le journal de 20heures : s'enfermer dans sa chambre (le territoire de l'enfance et de l'adolescence) et ne plus en sortir. Si grandir signifie quitter la maison et se construire dans le champ social: refuser de grandir. Déserter le champ des grands et se faire un film: "j'ai survécu parce que j'ai crée mes propres héros". Sadie Benning, Parce que ma chambre est unique, In, A quoi rêvent les années 90?

lundi 30 août 2010

Recherches pour Violetta - l'amour et l'utopie du replis

Se Souvenir de Violetta - création prévue pour Février 2011 - Comédie de Valence

- "Ils étaient là comme dans une cage dont la porte eût été grande ouverte, sans qu'ils puissent s'en évader. Rien n'avait plus d'importance en dehors de cette cage, parce qu'il n'existait plus rien d'autre. Ils demeuraient dans cette cage, étrangers à tout ce qui n'était pas elle, sans même l'ombre d'un désir de tout ce qui était au delà des barreaux. Il eût été anormal, impossible même de s'évader vers quelque chose qui n'avait ni réalité ni importance. Absolument impossible. Car à l'intérieur de cette cage où ils étaient nés et où ils mourraient, le seul climat d'expérience tolérable était le réel, qui était simplement un instinct irréversible de faire en sorte que les choses eussent de l'importance. Ce n'est que si les choses avaient quelque importance que l'on pouvait respirer, et souffrir. Il semblait qu'il y eût un accord entre eux et les morts silencieux pour qu'il en fût ainsi, car l'habitude de faire en sorte que les choses eussent de l'importance était devenue un instinct humain et, aurait-on dit, éternel. La vie était ce qui avait de l'importance, et le réel faisait partie de l'instinct qui donnait à la vie un peu de sens. L'instinct n'envisageait pas ce qui pouvait exister au-delà du réel parce qu'au-delà il n' y avait rien. Rien qui eût de l'importance. La porte restait ouverte et la cage devenait plus douloureuse dans sa réalité qui importait pour d'innombrables raisons et d'innombrables manières."

-"Et l'amour à son tour engrosse l'illusion d'unité. Et ce ne sont la plupart du temps qu'avortements et foutaises. La peur de refaire à deux ou à dix un chemin trop pareil et trop connu, celui de l'esseulement, menace les symphonies amoureuses de son accord glacé. Ce n'est pas l'immensité du désir insatisfait qui désespère mais la passion naissante confrontée à son vide. Le désir inextinguible de connaître passionnément tant de filles charmantes naît dans l'angoisse et dans la peur d'aimer, tant l'on craint de ne se libérer jamais des rencontres d'objets. L'aube où se dénouent les étreintes est pareille à l'aube où meurent les révolutionnaires sans révolution. L'isolement à deux ne résiste pas à l'isolement de tous. Le plaisir se rompt prématurément, les amants se retrouvent nus dans le monde, leurs gestes devenus soudain ridicules et sans force. Il n'y a pas d'amour possible dans un monde malheureux. La barque de l'amour se brise contre la vie courante. Es-tu prêt, afin que jamais ton désir ne se brise, es-tu prêt à briser les récifs du vieux monde? Il manque aux amants d'aimer leur plaisir avec plus de conséquence et de poésie. Nous voici quelques-uns épris du plaisir d'aimer sans réserve, assez passionnément pour offrir à l'amour le lit somptueux d'une révolution."

Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, III, L'isolement, p.49-52