mercredi 26 mars 2008

Léonie K. a une capuche rouge et une complice






les pieds jeunes du pénitent


On ne voyait pas son visage
mais la peau des pieds enchaînés
semblait jeune

mardi 25 mars 2008

mardi 18 mars 2008

Première chute

Première chute. Le Christ a chuté trois fois combien de fois ai-je chuté se demande Léonie K. Tant de fois le mollet boiteux pas salvateur pour autant. Pardon? Je ne comprends pas bien - vous dites? Pardon- métro bondé - coup de coude - pardon - sac à main ou écharpe jetée en arrière dans ma tronche- pardon vous dites? Je n'entends pas très bien. Première chute. Mécanisme de la chute. Yves Klein- c'est un saut. La chute c'est pas voulu. c'est cheville genoux hanche - qui parlent seuls en dehors de l'ensemble. c'est le muscle autonome à part entière le klaxon qui se bloque dans la voiture devant la sortie de l'école - c'est la honte assurée. La chute c'est l'élément extérieur- glissade dérapage cogner buter heurter - c'est flaque et feuille mouillée c'est talons hauts perchés et escalier mal calculé. La chute c'est forcé - coups poids charges - c'est effondrement - dernier recours - c'est main qui pousse poids de la culpabilité et manque de sucre - c'est force est de constater. La chute c'est une bonne fois pour toute - le sol. L'espoir du recommencement - trottoir mouillé et face du pile - c'est l'événement du plus rien après. La chute c'est la surprise du pire au mieux la honte et le défi d'assumer au pire le plus rien après. La chute se dresse - événement de l'inattendu - événement de l'insaisissable - l'irréparable - faiblesse visible enfin - la chute c'est visible ou carrément transparent - rien vu rien dit - silence la chute se dresse dedans comme un pic de chaleur un séisme sous-marin - une bouffée d'organes - la chute c'est l'humain qui se voit - limite du pouvoir - limite du vouloir - limite d'y croire - c'est drôle la chute - c'est la limite de l'humain - le temps qui demande pardon - la femme a talons se prend les pieds dans son image - L'homme chute de cheveux - la chute c'est ce qu'on attend - au mieux pour en rire au pire pour tuer - la chute c'est l'abandon - c'est bon - laisser vos bras tomber le long du corps - inspirer - la chute expire - chuter c'est pardonner d'être humain - chute de la monarchie - chute du tsar - chute de l'empire austro-hongrois- chute de Sadam - chute du IIIeme Reich - chute du capitalisme - chuter c'est concéder - chute de reins ou bas du dos - chuter c'est laisser voir ce qui vient après - un homme entre sur scène avance et chute - comment faire une belle chute - l'acteur travaille
Buster Keaton dans "Le Cameraman"

lundi 17 mars 2008

Départ

Le départ pour la Corse approche. Léonie K. se met en marche. La machine se pense et va s'alimenter. Première étape U Catenacciu: la procession religieuse du vendredi saint à Sartène. Plus je lis des choses sur cet événement plus ça me fait un peu peur. En même temps je serais protégée derrière la cagoule de mon mini-disc et de mon micro enregistreur - premier outil pour construire la machine Léonie. ça me rassure un peu de me dire que cette première étape est une préparation du projet - c'est idiot mais ça me permet d'y aller en calmant un peu mes enjeux - même si je me connais et que je sais très bien que je vais me laisser dépasser par les événements...
Aujourd'hui je suis allée chez F. qui est compositrice (soundfactor) et qui m'a fait écouter certains de ses morceaux. Je n'ai pour l'instant pas de proposition précise à lui faire mais j'ai apprécié son travail qui m'a donné pas mal d'idées. Une fois que j'aurais un peu plus de matière je lui proposerais des essais. J'aimerais parvenir pour chacune de mes étapes ( 1. Le pardon / 2. L'héritage / 3. La ressemblance) à réaliser un morceau, une pièce sonore composée à partir de ma production de textes et des témoignages recueillis. J'ai très envie que le Projet-Léonie K. existe en version sonore.

vendredi 14 mars 2008

circuit imprimé

Voulez-vous que je parle de moi Moi qui
De qui est-il question quand
Il est question de moi Qui est-ce Moi
Sous l'averse de fiente Dans la peau de calcaire
Ou encore Moi un drapeau un
Lambeau sanglant à la fenêtre Un flottement
Entre le néant et personne à condition qu'il y ait du vent
Moi déjection d'un homme Moi déjection
D'une femme Lieu commun sur lieu commun Moi enfer rêvé
Qui porte mon nom par hasard Moi angoisse
De mon nom de hasard
MON GRAND-PERE ETAIT
CRETIN EN BEOTIE
Moi mon périple
Moi mon invasion Ma colonisation
Traversées des banlieues Moi Ma mort
Sous l'averse de fiente Dans la peau de calcaire
L'ancre de marine est l'ultime cordon ombilical
Avec l'horizon s'évanouit la mémoire de la côte
Les oiseaux sont un adieu Sont un revoir
L'arbre abattu laboure le serpent de mer
Mince entre moi et ce qui n'est plus moi la coque
LA FIANCEE DU MARIN C'EST LA MER
[...]
Extrait de Paysage avec Argonautes, Heiner Muller

samedi 8 mars 2008

Apprendre à vivre enfin

"Quelqu'un, vous ou moi, s'avance et dit: je voudrais apprendre à vivre enfin"

Citation de Jacques Derrida tirée de "Apprendre à vivre enfin"- Entretien avec Jean Birnbaum - Citation extraite de "Spectres de Marx".

vendredi 7 mars 2008

recherche sur le pardon

Pardon je te demande pardon la France demande pardon je ne peux pas pardonner si on ne me demande pas pardon (?) pardonner c'est peut-être cesser de trouver des excuses [Cf.Stieg Dagerman - "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier"] le pardon me semble passif et de toute façon impossible Derrida le pardon c'est précisément l'impardonnable C'est quoi pardonner donner par dessus soi (?) pardonner c'est reconnaître l'impasse (?) pardonner c'est pour soi (vivre en paix) le pardon c'est l'oubli du passé (?) le pardon c'est sortir de l'impasse Comment le pardon peut-il être actif (?) Qui pardonne à part dieu pardonner à la famille c'est accepter qui je suis ne pas passer mon temps à venger l'histoire venger mon nom que je porte Pardonner l'Histoire c'est avoir de la mémoire connaître les détails identifier les coupables je suis aussi coupable pardonner est-ce dire cela que je suis moi aussi coupable (?) l'impardonnable est digne de pardon le pardon m'englobe dans le crime Une société qui reconnaît ses criminels reconnaît sa propre criminalité je suis moi-même le condamné je suis l'enchaîné le "je" du paysage intra humain pardonner c'est se foutre la paix aucun orgueil à en tirer la posture médiocre du pardon c'est celle qui me rend vertueuse je pardonne parce que je porte en moi le crime de l'autre je est la force du pardon Electre est figée dans l'attente de la vengeance par laquelle elle trouvera la paix retrouvera la valeur du nom porté Electre est immobile Pardonner est-ce tuer? Electre Dame Justice idiote sans nom enlaidie par l'attente Qu'as-tu à dire sur ton immobilité? Faire le tour de la question du pardon c'est pulvériser l'humanité Léonie K. est Electre figée dans l'attente résoudre l'histoire en la répétant Vendetta Venger l'honneur c'est se rendre coupable du même crime que le condamné sentir CE QUE ça FAIT se mettre dans la peau perpétuer PER/PE/TUER Pardonner c'est se placer (?) comme auteur du même voir en l'autre ou en l'acte mes possibilités: j'aurais PU LE FAIRE ou j'ai LAISSE FAIRE ou je porte en moi LA MARQUE DE LA BLESSURE A PARDONNER ainsi je suis façonnée ainsi je suis fascinée je suis le 's anglo-saxon
pardonner est le 's anglo-saxon en cela qu'il me place comme sujet fait le lien entre le jugement et la faute en cela qu'il enchaîne le coupable à sa victime c'est la réalité le pardon n'est pas ce sourire discret petite tape sur les fesses ou grosse raclée n'est pas la bienveillance d'une pauvre âme pacifiste de Sainte Vierge n'est pas la balle dans le torax ou le corps dépecé retrouvé au matin n'est pas les mains jointes et l'oeil humide n'est pas l'oubli du passé pour le confort du corps n'est pas les nuits d'insomnie à regretter d'avoir parlé ou de n'avoir rien dit Le pardon est le désir de tuer le désir de venger mais le pardon n'est pas suicide le pardon est un corps violé une pensée mutilée le mal incarné le pardon n'est pas une solution prônée en dernière page de magazine-santé n'est pas une consolation C'est pourquoi pardonner donner par-dessus soi derrière son épaule jeter le petit verre en cristal le pardon c'est le moment où il se brise C'est quoi pardonner? N'est pas la génuflexion n'est pas une fonction réparatrice n'est pas Chrysotémis soeur d'Electre bouffant à la table des meurtrier pour éviter de creuver n'est pas Electre pouilleuse sur la place publique forçant le passage de sa propre tête dans son propre vagin ne plus entendre sa propre voix crier pourquoi le pardon n'est pas la recherche de la cause le pardon EST la cause Comment ils disent déjà? Pardonnez nos comme nous aussi à ceux qui nous le pardon est un théorème

lundi 3 mars 2008

cheval

si je décide maintenant de travailler sur la famille dessus comme si je la monte la famille un cheval au galop le monte à l'assaut sans selle le dresse aux sauts d'obstacles hippiques courses sur le dos de la famille à cheval sur l'idée d'égo le 's anglosaxon place l'appartenant avant l'appartenu mother's mother nu sur cheval fougueux le saisir à la mâchoire ne pas paniquer surtout éviter de crier difficile quand à force de coup de fouet le cheval prend mes signes d'alerte pour de plus belles envolées avec les ailes mythologiques famille nucléaire pulvérisée par famille recomposée identité intra utérine le fils de la sœur de la mère est le cousin tant aimé le père du frère de la famille recomposée file le parfait amour quand le père de la sœur du frère de la famille recomposée prend pour maîtresse une femme mariée ou le cousin par alliance de la mère de la mère épouse en douce la fille de la fille de la mère uh cheval sur le dos de la famille le code civil entre les dents les belles dents du cheval harnaché empreinte radiographique de l'atome de parenté je ne suis pas un cheval ma mère n'est pas un cheval mon père n'était pas un cheval la mère de ma mère n'est pas un cheval le père de ma mère n'était pas un cheval le père de la mère de ma mère n'était pas un cheval la mère de la mère de ma mère n'était pas un cheval le père du père de la mère de ma mère n'était pas un cheval la mère du père de la mère de ma mère n'était pas un cheval le père de la mère de la mère de ma mère n'était pas un cheval la mère de la mère de la mère de ma mère n'était pas un cheval je décide d'être un cheval mon enfant ne sera pas un cheval l'enfant de mon enfant ne sera pas un cheval

dimanche 2 mars 2008

Filiation Matrilinéaire (dite utérine)

L'individu est cette fois inclus dans le groupe consanguin de sa mère : les droits se transmettent par les femmes. L'homme n'est dans ce cas qu'un mari qui a peu d'importance, mais c'est le frère de la mère (oncle) qui possède des droits sur les enfants. On trouve aussi des sociétés où la parenté est patrilinéaire alors que le droit de propriété (y compris l'état d'homme libre) est matrilinéaire. Dans ce système, les femmes n'ont souvent pas plus de pouvoir politique que dans le précédent, bien que leurs rôles économiques et religieux soient plus importants. On doit donc distinguer parenté matrilinéaire et matriarcat : la parenté matrilinéaire est la plupart du temps patriarcale.
La famille matrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de sa mère. Cela signifie que la transmission, par héritage, de la propriété, des noms de famille et titres passe par le lignage féminin.
Toutefois, une gradation dans la transmission des noms ou des titres de propriété se remarque à mesure de l'emprise de la filiation patriarcale. Dans la filiation matrilinéaire, cette transmission en arrive alors à passer de l'oncle (le frère de la mère) au neveu (le fils de la sœur).
La transmission de l'héritage (notoriété, position sociale, biens et services) s'est d'abord effectuée de mère à fille. Par glissement, elle s'est opérée ensuite de mère à fille et à fils, pour finalement se réaliser d'oncle à neveu. Il est remarquable, dans ce contexte, que la filiation (fils) de père à fils est totalement occulté, en tant que substantif, la filiation (fille) de mère à fille, alors que la culture passe généralement par cette filiation.

MACHINE

Léonie K. est une machine. Léonie K. est le multiple
Elle est le projet dans sa globalité = son titre
Elle est le personnage du récit = son héros ou anti-héros = Les différentes voix qui parlent
Elle est l’auteur qui cherche à écrire sur la famille aujourd’hui = moi
Elle est la fiction = l’imaginaire à l’œuvre
Elle est le documentaire = la réflexion en direct de l’auteur sur le texte en train de s’écrire / le terrain parcouru / la population rencontrée
Elle est la scène où se déroule / où s’est déroulée / où se déroulera l’action = elle est l’histoire / le présent / l’espace scénique de la représentation
Léonie K. est une machine - un projet global
En cela le Projet-Léonie est une expérience d’écriture qui convoque les démarches dites documentaires et celles de l’écriture théâtrale (post-dramatique) en confrontant la démarche (la marche) du déplacement sur un territoire donné et l’articulation d’un récit (fiction) en vue d’une présentation publique.

L'atome de parenté