samedi 2 août 2008

premier pas

je suis
déjà là
parfois je marche dans la rue et je me demande si je ne suis pas déjà morte
si une voiture ne vient pas de me faucher et que je ne m'en suis pas encore aperçu
si un tremblement de terre ne s'est pas déclenché et que je suis en fait déjà
sous les décombres
si je ne suis pas déjà
mais je suis
déjà là
je suis là c'est à dire
dans un trou du temps
la comme le la
le la donné
le la pour démarrer
je suis la note la
je suis ce son là
du presque déjà mort
du pas encore né
et de là
j'invente
j'invente l'histoire de Léonie K.
j'invente pour dire le départ
l'histoire commence là
je suis sur le point
sur le pont W du quai d'arrivée
arrivée par la mer
et je marque
un point rouge
mon départ
je prend la pause
et je me nomme
Léonie K.
le K. c'est au cas où
je pourrais décider d'être
la fille de
Kafka
le fille de
Grace Kelly
la fille du King
la fille de Kowalski
la fille de Kadhafi
la fille de King Kong
je suis le K. point
parce que je suis sur le pont
je décide de m'appeler
je me nomme le plus rien avant
en avant parce que j'invente
je ne suis pas une donnée ADN
je suis la fille de la fille de l'œuvre
je suis la figure du récit
je suis
jusqu'à quel point je suis
l'île que je parcoure
je suis encore là
la note la
je suis sur le pont
je prend la pause
portrait bouche de côté
mon pied d'appel est en place
je suis le micro temps d'avant le pas
l'élan en arrière
je suis le basculement

je marche

lundi 30 juin 2008

Nin

"Mon esprit n'était là que pour les autres - pour leur servir de garantie. Il n'a qu'à sombrer maintenant. Je suis contre mon père, parce qu'il n'est qu'esprit et raison. Je veux vivre seule dans des chambres d'hôtels inconnues. Perdre mon identité. Ma mémoire. Ma maison, mon mari et mes amants."
Anaïs Nin, Journal non expurgé

Lâchez dada

Lâchez tout
Lâchez Dada
Lâchez votre femme
Lâchez votre maîtresse
Lâchez vos espérances et vos craintes
Semez vos enfants au coin d'un bois
Lâchez la proie pour l'ombre
Lâchez au besoin une vie aisée
Ce qu'on vous donne pour une situation d'avenir
Partez sur les routes.
André Breton, 1922

lundi 19 mai 2008

ce soir

je crois que ceci a à voir avec ma Léonie

mercredi 7 mai 2008

la lettre K.

On peut énumérer pour cette vignette : des Kabyles, des cacatoès (anc. kakatoës), des kangourous (anc. kanguroo), un képi, le général Kléber, un kilogramme, un kiosque, un knout, le Kremlin

La lettre K.
- Marie Kelvedon: pseudonyme de Sarah Kane
- Kovalski: protagoniste en cavale du film "Vanishing Point"
- Tadeuz Kantor
- Anna Karina
- Alan Kaprow
- Leslie Kaplan
- Gérald Kurdian
- Anne Kawala
- Franz Kafka
- Frida Kahlo
- Elie Kakou
- Jean-Pierre Kalfon
- Cédric Kahn
- Vassili Kandinsky
- Emmanuel Kant
- Wong Kar-Wai
- Alphonse Karr
- Karx Marl
- Mathieu Kassovitz
- Kateb Yacine
- Katherine Philippe
- Aki Kaurismaki
- Elia Kazan
- Buster Keaton
- Diane Keaton
- Jack Kerouac
- Abdellatif Kechiche
- Salif Keita
- Femi Kuti
- Grace Kelly
- Jackie Kennedy
- John Fitzerald Kennedy
- Joseph Kessel
- Sören Kierkegaard
- Val Kilmer
- Martin Luther King
- Nastassja Kinski
- Paul Klee
- Yves Klein
- Calvin Klein
- Bernard-Marie Koltès
- Alicia Keys
- Kat Onoma
- Kool Shen
- Stanley Kubrick

- K : personnage interprété par Tommy Lee Jones dans "Men in Black"
- K. : nom de plusieurs protagonistes des romans et nouvelles de Kafka (Joseph K. dans Le Procès ou K. dans Le Château)
- K: pseudonyme de l'un des guitaristes du groupe de Visual Kei Moi dix Mois (rock japonais)
- Le K: recueil de nouvelles de Dino Buzzati.
- K: nom du héros du manga Phantom.

vendredi 18 avril 2008

Road Movie

Enfin le temps de me poser à nouveau sur Léonie pas le temps depuis le retour de l'île pas si lointaine.
Hier vu le travail du Collectif Ours. Très beau travail. M'a permis de me remettre au boulot comme s'il fallait toujours un déclencheur extérieur (mais ça c'est un autre sujet). J'ai réalisé que Le Projet-Léonie est en fait très proche de ce que l'on appelle le Road Movie au cinéma. Oui mes trois points de départ (ou obsessions) sont :
- cette île (une carte, un territoire)
- ce personnage disparu ou perdu de vue (Léonie K.)
- ce motif récurrent: la famille (ou un fameux prétexte "initiatique")
Le lieu de mon intrigue est la route elle-même que je parcoure pas uniquement les lieux que cette route traverse.Et ça me renseigne sur certaines directions à prendre au niveau de l'écriture et de la forme finale. Depuis le début de ce projet je ressens fort le désir de me coller à la fiction dans l'écriture peut-être que le thème choisi me pousse à cela, peut-être que c'est une manière de répondre à la question de l'identité et de la famille en me trouvant un autre nom, un prénom avec une seule lettre pour patronyme... ça me fait penser à Derrida dans "Donner la mort" lorsqu'il parle du pseudonyme au sujet de Kierkegaard qui écrit "Mysterium tremendum" sous le nom de Johannes de Silentio. Derrida dit que c'est une manière de se placer comme "le père du père de l'œuvre", de séparer le nom de la signature.
J'ai beaucoup repensé à Gerry de Gus Van Sant sur la musique d'Arvo Part qui m'avait fasciné quand je l'avais vu il y a quelques mois. C'est étrange parce que le cinéma n'est pas une référence pour moi, d'ailleurs je me demande ce qui est vraiment une référence pour moi. Je ne me sens pas très claire avec ça. Je suis toujours envieuse et stupéfaite par les gens qui se revendiquent de tel ou tel mouvement, tel ou tel artiste. Moi j'ai l'impression d'être à la fois la passoire et l'éponge jamais la tranche...mais ceci est aussi un autre sujet. En fait non. A y regarder de plus près CECI est peut-être LE sujet. La question de l'identité (artistique), le mimétisme, l'imitation comme forme d'apprentissage, le choix des références comme choix de filiation. Comment trancher? Faut-il trancher? Comment affirmer cette identité? Faut-il affirmer cette identité?
Le cinéma donc où je ne vais jamais (épreuve quasi laborieuse pour moi que d'aller m'enfermer dans une salle, je crois qu'en fait ça me fait super flipper le cinéma...mais ceci est encore un autre sujet). Donc je décide de m'enfiler une longue série de road movies mythiques, Easy Rider, L'Epouvantail, Paris-Texas, Buffalo 66, Une Histoire vraie, etc.etc.
Mes principaux éléments pour Léonie sont:
- une bande son travaillée comme une ballade, une traversée (lyrique? épique?)
- une longue série de photos prises au cours du voyage et montées elles aussi en ballade = façonner un paysage, étirer le temps, rassembler les éléments, relever les traces de la fiction
- moi et ma capuche rouge (?)
- une chute
- une signature
- un portrait
- un tremblement
- une Léonie K.

vendredi 4 avril 2008

...

Jouer sur la ressemblance
Léonie Bi goût
Bi identity
Jouer sur les espaces flous
Léonie memory
Bi polarité
Jouer du miroir noirci
Léonie portrait
Cubiste bouche de côté

mardi 1 avril 2008

le comble de l'appareil enregistreur

Alors que le 21 mars dernier je me trouvais à Sartène avec mes deux complices A et M-A armée de mon micro sous la tempête "sainte" de la procession du Catenacciu - j'enregistrais en douce et non sans un gros cas de conscience une vieille femme prénommée Navia qui nous accueillait alors dans son intérieur sombre en bois massif...je ne l'ai pas fait en douce pour la piéger non mais alors que l'on entrait dans sa cuisine elle s'est très vite lancée dans un long monologue tout à fait passionnant que je ne me sentais pas d'interrompre pour lui demander l'autorisation d'enregistrer....alors j'ai sorti mon Mini Disc et discrètement j'ai appuyer sur REC...j'aurais dû lui demander car je viens d'écouter mes bandes et par je ne sais quelle opération tout le passage de Navia est introuvable....voilà maintenant je sais qu'il vaut mieux demander et se mettre un minimum au service de la technique que de jouer le jeu de la spontanéité pour à l'arrivée ne rien retenir...= Leçon N°1

mercredi 26 mars 2008

Léonie K. a une capuche rouge et une complice






les pieds jeunes du pénitent


On ne voyait pas son visage
mais la peau des pieds enchaînés
semblait jeune