mardi 17 novembre 2009

lundi 16 novembre 2009

Annonce

Recherchons personnes de tout âge travaillant et/ou habitant dans le 13ème arrondissement de Paris pour projet de film musical
Ateliers d'écriture et de composition 1 fois par semaine de mars à juin 2010
Réalisation et présentation publique: 21 juin 2010
Contact: 06.23.06.82.34 / 06.42.10.89.29
www.petitbain.org / www.myspace.com/lepetitbain

vendredi 13 novembre 2009

Comédie musicale - correspondance

Mon G.

Continuer à réfléchir à ce projet de comédie musicale - après avoir vu ton concert hier soir aux Trois Baudets - prend de plus en plus tout son sens.
Sans vouloir chercher à trouver les liens ou la cohérence - il est évident que ce projet renferme ce qui de nous deux fait nos problématiques. Non pas qu'il s'agisse de répartir nos compétences (quoi que...) mais de voir comment à travers nos deux pratiques nous allons parvenir à proposer quelque chose qui nous ressemble un peu, voire tout à fait.

Pour continuer donc à penser ce projet je voudrais te dire d'abord ce qui pour moi fait sens et me donne l'impression que ce nouveau projet répond aux précédents et me permet de poursuivre la réflexion sur la question de l'écriture, de l'écriture en déplacement, de l'oralité, du paysage et de la rencontre. Ce qui m'excite dans ce projet - c'est le travail que l'on peut mettre en place par rapport à cette question de déplacement. Déplacement, visite, errance, parcours sur ce territoire, dans ce paysage, décor de film, décor de nos fictions, décor qu'on le veuille ou non des fictions individuelles et collectives.

Voilà pourquoi, s'il faut penser les choses en terme plus concret, j'imagine le travail d'atelier avec le groupe (qui d'ici-là sera identifié) basé principalement sur deux axes: le déplacement et l'écriture-composition.

Je ne sais pas encore comment nous allons mettre cela en place - mais ça m'exciterait beaucoup de parcourir le quartier avec les membres du groupe, de travailler sur la question de la perception et de la fiction, travailler le regard, le regard descriptif, le regard imaginaire, et participer par ce travail sur l'exploration et le regard à (re)dessiner le paysage, à formuler un regard.

Nous pourrions mettre en place à l'intérieur des ateliers un principe récurrent de ballades (dans son sens musical aussi - d'ailleurs ça me rappelle le travail que j'avais fait en Corse où j'avais beaucoup marché et travaillé le texte en fonction du champ lexical musical de la marche: fuite, ballade, marche, etc. - ça me fait aussi penser au travail de Mathias Poisson avec "9746cm2 de promenade méditerranéenne").

D'ailleurs je me dis que nous pourrions travailler ces ballades sur différents modes - c'est-à-dire les fictionnaliser déjà: par exemple que quelqu'un nous guide sur un thème (musical...), par exemple travailler sur le principe de l'inventaire, par exemple partir à la recherche de quelqu'un, par exemple faire une ballade musicale (avec ipod dans les oreilles), etc. etc. On pourrait écrire dans l'espace public, se retrouver ensuite, et commencer à composer...je ne sais pas...Mais j'aime l'idée que ces ateliers nous placent dans l'action - la marche et l'écriture en sont deux et me semble pas mal correspondre à ce principe de "réenchantement" du territoire.

Ré-en-chanter....

Pour suivre sur cette ligne - je pense au film et je me dis que ce film pourrait lui aussi être une ballade - je veux dire qu'il pourrait être une sorte de carte de géographie pluggable dans le vivant. Je sais pas si je suis très claire....Je veux dire que ce pourrait être un film dans le temps réel. Disons que l'objet film pourrait exister en tant que format autonome et diffusable, mais que le film, la comédie musicale elle-même pourrait être active dans le temps du présent à un moment donné....tu vois? Le 21 juin par exemple?

Bon - allez - on continue!

des baisers

Frictions N°15


vendredi 6 novembre 2009

Errance - 13ème arrondissement - Paris







je ne soupçonnais pas le charme et un certain romantisme de ce quartier. il y a comme quelque chose des grands espaces - une certaine amérique - tout est à nu - à vu - mais c'est un endroit où l'on peut se cacher, disons où l'on peut ne pas être remarqué.

mercredi 4 novembre 2009

Comme à la radio

Créer une revue sonore. Une revue qui parlerait depuis le lieu où elle se crée. Ce serait comme définir-fabriquer un objet de diffusion de la pensée et du paysage en mouvement. Fabriquer des plages, des trous, des bandes pour investir l'espace immatériel de la parole.


"Ce sera tout à fait comme à la radio
Ce ne sera rien, rien que de la musique
Ce ne sera rien, rien que des mots, des mots
des mots, comme à la radio

Ça ne dérangera pas,
Ça n'empêchera pas de jouer aux cartes,
Ça n'empêchera pas de dormir sur l'autoroute
Ça n'empêchera pas de parler d'argent
Ce sera tout à fait comme à la radio

Ce ne sera rien, juste pour faire un bruit,
Le silence est atroce.
Quelque chose est atroce aussi,
Entre les deux, c'est la radio.

Tout juste un peu de bruit, pour combler le silence,
Tout juste un peu de bruit, et rien de plus,
Tout juste un peu de bruit, n'ayez pas peur,
Ce sera tout à fait comme à la radio".

Brigitte Fontaine - Comme à la radio

mardi 3 novembre 2009

Comédie musicale

Mon cher G.,
Il est dit que nous allons travailler ensemble sur un projet de comédie musicale avec quelques "acteurs" du 13ème arrondissement de Paris. Il est dit aussi que ce projet nous allons le réaliser en plusieurs étapes pour au final en faire émerger un film, un vrai petit film musical. A ce sujet, ne serait-ce pas plus juste de parler de film musical plus que de comédie musicale, cette dernière mettant quand même le principe chorégraphique au premier plan. On pourrait alors dire qu'on va réaliser un film d'action musicale (note que j'accorde musicale à action ce qui dit bien que ce n'est pas un film d'action genre transporter mais un film où des actions s'effectueraient dans le paysage et où ces actions seraient musicales disons chantées). Donc on pourrait dire qu'on réalise des actions chantées filmées. Donc on pourrait dire qu'on cherche à produire des actions qui transforment, colonisent, activent ou redessinent le paysage (géographique du 13ème arrondissement + intime des individus avec lesquels on va travailler). En conclusion (très hâtive) on pourrait dire qu'on va tenter d'écrire une fiction (entendons par fiction un principe de prise du réel)dont le langage et le format seraient celui de la chanson, du chant, et de l'action physique (alors donc peut-être qu'on rejoint quand même l'idée de chorégraphie...).
Ceci étant posé (hâtivement posé) - je voudrais un peu te parler de ce que je ressens par rapport à l'idée d'écrire des chansons. Dans les textes que j'écris pour le théâtre, je navigue toujours à travers ce que les formes d'oralité provoque dès lors que tu les fixent sur la page. Fixer l'oralité sur la page se serait déjà un peu composer de la musique. Quand on parle on n'écrit pas, on fait du son avec des codes. Quand j'écris j'essaie de traduire ces sons, ces codes en matière textuelle. Ce qui donne au texte certaines lacunes, lacunes que je considèrent comme l'espace de possible du vivant, de la scène, de l'acteur. Ce qui bouclerait la boucle puisqu'on revient avec la scène au principe même d'oralité. Dans mon dernier texte, "Léonie K." j'ai tenté d'écrire des chansons - vraiment dans le format "type" des chansons. Mais je crois que ce que j'écris, sans passer par le format chanson est déjà très musical. Il n'empêche qu'écrire des chansons est encore une autre démarche. Le format de la chanson, et le format chanté, m'évoque quelque chose de très particulier. Si je chantais dans la vie, je le ferais précisément sur des choses qui sont de l'ordre de l'indicible, du sous-terrain. Voilà, c'est ça, il y a dans le fait de chanter quelque chose de permissif, qui fait émerger de l'indicible, du trop plein. Je ressens ça avec l'opéra par exemple. ça atteint un niveau de puissance de la "communication" qui dépasse l'entendement, qui dépasse le principe même de communication verbale. Il y a du non-verbal dans la chanson...et ça me parle beaucoup par rapport à ce projet de comédie musicale avec des gens qui ont un quotidien social dans ce quartier (je parle des employées des grandes entreprises du 13ème avec lesquels on va bosser). Dans ce paysage-là, du travail, de l'employé, du parcours quotidien dans un paysage, de la fonction sociale, de la hiérarchie, de la crise économique, l'émergence du chant me semble permettre une prise de position forte sur le réel. Comme si la parole avait été usée, épuisée et que la chanson pouvait faire émerger ce qui en sous-terrain parcoure les gens dans leur fonction. En résumé la place de l'intime et des divagations possibles (en terme d'utopie, d'imaginaire, de fiction, de prise de pouvoir, de transformation, d'inversion).
Alors, la légèreté qu'induit à priori la chanson, me renvoie en fait à la gravité de son apparition dans le quotidien. Il y a quand même une sacrée étrangeté dans ça, quelque chose de totalement déstabilisant, de "dégénéré" (c'est comme ça que les nazis qualifiaient la musique de Kurt Weill), un ébranlement un peu. ça fait trembler les codes, les constructions, les hiérarchies, etc. Et ça me parle d'une sorte de formule pop-légèreté-gravité-grâce....ça me parle d'une sorte de tremblement de terre, de fin du monde (Voir Les derniers jours du monde des frères Larrieux)
Pour ce qui est du processus que nous allons mettre en place, comme on se l'ai déjà dit, le principe de déplacement dans le quartier, de visite, de repérage devrait nous permettre de faire émerger ce sous-terrain, ce qui se trame en fond, dans les zones pas franches (les discours intérieurs, les projections, les fantasmes, les envies de crime, les amoureux silencieux, etc. etc.)
N'est-ce pas ce sous-terrain que l'on pourrait appeler notre fiction? N'est-ce pas de ces zones si peu identifiables que nous devrions aller chercher et les traduire par le mode qui lui correspond le mieux, le chant?
on continue à discuter
des baisers
MontagneMolle