dimanche 30 novembre 2008

Feu Mathias Pascal

"Cette recherche, cette construction fantastique d'une vie qui n'avait pas réellement été vécue, mais grappillée chez les autres en des endroits divers puis bâtie et perçue comme même, me procura une joie étrange et neuve, non sans une certaine mélancolie, dans les premiers temps de mon vagabondage". Feu Mathias Pascal, Luigi Pirandello

"[...], Mathias Pascal, le personnage pirandellien profite en effet de l'annonce erronée de sa mort pour s'offrir une nouvelle vie, et s'inventer une naissance en Argentine et une adolescence à Turin, sous la férule d'un grand-père dont il compose les traits, à mesure de sa fuite, en "prélevant" sur un vieillard aperçu à Milan sa tabatière en os, et sur un autre son collier de barbe et son mouchoir à carreaux". Extrait de Qui dit je en nous de Claude Arnaud.

mercredi 26 novembre 2008

Errance / Vagabondage / Fugue / Conquête de territoire




Gerry, Gus van Sant

Electre ou la vengeance du nom porté

Chrysothémis. – Toujours à parler, ma sœur, à parler, devant la porte. Le temps à beau passer, tu n’écoutes pas ses leçons, tu te complais dans la colère. Je souffre autant que toi de la vie qu’on nous fait, au point que, si j’en avais la force un jour, je montrerais à ces gens-là les sentiments que j’ai pour eux. Mais je crois qu’il vaut mieux fuir devant la tempête, et je ne veux pas m’imaginer que j’agis quand mes coups ne touchent personne. Je voudrais que tu fasses comme moi. Je sais que la justice est dans ce que tu penses, plus que dans ce que je dis, mais si je veux être libre, il faut bien que j’obéisse.

Electre. – Née d’un père comme le tien, il est étrange qu’une fille puisse oublier sa mémoire pour ne plus penser qu’à sa mère. La leçon que tu me fais, c’est elle qui te l’a soufflée. Il faut choisir : être folle, ou raisonnable – et alors oublier les siens. Tu avoues que tu montrerais ta haine si tu en avais la force, et moi qui ne vis que pour venger notre père, tu refuses de m’aider, tu me détournes d’agir. Lâcheté par-dessus nos misères. Apprends-moi – non, laisse-moi parler – ce que je gagnerais à finir ma plainte. Je vis – mal, je le sais, je n’en demande pas plus. Et je les inquiète, et ça fait plaisir au mort – s’il peut encore avoir une satisfaction sous la terre. Toi, tu dis que tu les hais. En parole. Mais tu vis avec les assassins de ton père. Moi, jamais, non, même pour avoir ce qui te rend si fière, jamais je ne me courberai devant eux. A toi la table chargée, la vie facile. Moi je n’ai faim que d’être libre et je n’ai pas de goût pour tes privilèges, et tu les mépriserais si tu avais la moindre sagesse. Tu pouvais porter le nom du plus noble des pères, et tu ne l’as pas voulu. Va, porte le nom de ta mère. Tout le monde verra que tu es une fille mauvaise, qui a trahi son père mort et ses amis.

Extrait d'Electre de Sophocle, Traduction d'Antoine Vitez

jeudi 6 novembre 2008

Commencer une fiction

Sans toit ni loi – Film d'Agnès Varda - 1985
Extrait de la voix d'Agnès Varda que l'on entend au début du film, juste après qu'un homme découvre dans un fossé une jeune femme morte.

- « Personne ne réclamant le corps, il passera du fossé à la fosse commune. Cette morte de mort naturelle ne laissait pas de trace. Je me demande qui pensait encore à elle parmi ceux qui l’avaient connue petite. Mais les gens qu’elle avait rencontrés récemment se souvenaient d’elle. Ces témoins m’ont permis de raconter les dernières semaines de son dernier hiver. Elle les avait impressionnés. Ils parlaient d’elle sans savoir qu’elle était morte. Je n’ai pas cru bon de leur dire. Ni qu’elle s’appelait Mona Bergeron. Moi-même je sais peu de choses d’elle mais il me semble qu’elle venait de la mer. »

mercredi 29 octobre 2008

Film culte


Vanishing Point (Point Limite Zero). Film de Richard C. Sarafian réalisé en 1971
Article Fluctuat net

dimanche 26 octobre 2008

Mateo Falcone

-" Si vous avez tué un homme, aller dans le maquis de Porto-Vecchio, et vous y vivrez en sûreté, avec un bon fusil, de la poudre et des balles; n'oubliez pas un manteau brun garni d'un capuchon, qui sert de couverture et de matelas". Extrait de Mateo Falcone de Prosper Mérimée.

Trouver ceci


Rapport à Léonie et à la géographie

samedi 25 octobre 2008

Données techniques

-"Le fait que la Corse soit une île; il est par conséquent impossible d'y vivre ou de la quitter seul, dans l'anonymat. Un corse ne peut partir seul: il lui faut un bateau, un capitaine, trois ou quatre matelots, bref des amis ou des complices, donc une solidarité accrue". Extrait de Encyclopedia Corsica

De dos (3)

De dos (2)

commencer par le commencement

Famille nucléaire/ Clan / Oncle / Cousins /
Parenté / Foyer / Noyau / Ile / Etranger /
Isolé / Frontière / Sang / Devoir / Cousins
d’Amérique / Descendants / Aïeul /
Maillon / Individu / Nom / Prénom / Fille
de / Fils de / Mer / Bateau / Capitaine /
Matelots / Amis / Complices / Héritage /
Signature / Biens matériels / Héritiers / Lot
/ Dote / Paternel / Maternel / Enfance /
Maison / Succession / Tiers / Terres /
Parcelles / Branches / Progéniture /
Appartenance / Lignage / Généalogie / Fief
/ Politique / Code de l’honneur / Héros /
Fierté / Congénital / Séparatisme /
Séparation / Indépendantisme /
Indépendance / Autonomisme / Phéniciens
/ Phocéens / Carthaginois / Romains /
Vandales / Goths / Byzantins / Orientaux /
Lombards / Sarrazins / Pisans / Génois /
Français / Insulaire / Langue / Tradition /
Ressemblance / Visage / Traits / Histoire /
Pardon / Secrets / Chuter /Quitter / Quête /
Recherche / Disparition

dimanche 5 octobre 2008

De dos


A cela que je pense. De cela que je parle. Ainsi que je me présente.
Ce mensonge raconté et qui tente de devenir une vérité. Faire triompher la vérité par le mensonge crée. C’est un endroit sombre et noir. Noir et sombre mais moelleux. Presque mou. Comme de la moquette. Le son tape sur les murs. Les gens croisés sont là. Sont présents ici. Je vois cela. Je parle de cela. Je vois de dos. Car cela n’est que mensonge. Et marcher est vérité. Marcher et voir de dos. Non pas voir avec son dos. Mais se voir de dos. Se regarder faire mais par derrière. Se laisser avancer donc. Ne pas avoir un pas d’avance sur soi. Se laisser avancer en se regardant de dos. Ne pas voir le visage. Oui c’est cela que je pense. Avancer de dos. Tout l’inverse que d’avancer masqué. A cela que je pense. De cela que je parle. Ainsi que je me présente

samedi 2 août 2008

premier pas

je suis
déjà là
parfois je marche dans la rue et je me demande si je ne suis pas déjà morte
si une voiture ne vient pas de me faucher et que je ne m'en suis pas encore aperçu
si un tremblement de terre ne s'est pas déclenché et que je suis en fait déjà
sous les décombres
si je ne suis pas déjà
mais je suis
déjà là
je suis là c'est à dire
dans un trou du temps
la comme le la
le la donné
le la pour démarrer
je suis la note la
je suis ce son là
du presque déjà mort
du pas encore né
et de là
j'invente
j'invente l'histoire de Léonie K.
j'invente pour dire le départ
l'histoire commence là
je suis sur le point
sur le pont W du quai d'arrivée
arrivée par la mer
et je marque
un point rouge
mon départ
je prend la pause
et je me nomme
Léonie K.
le K. c'est au cas où
je pourrais décider d'être
la fille de
Kafka
le fille de
Grace Kelly
la fille du King
la fille de Kowalski
la fille de Kadhafi
la fille de King Kong
je suis le K. point
parce que je suis sur le pont
je décide de m'appeler
je me nomme le plus rien avant
en avant parce que j'invente
je ne suis pas une donnée ADN
je suis la fille de la fille de l'œuvre
je suis la figure du récit
je suis
jusqu'à quel point je suis
l'île que je parcoure
je suis encore là
la note la
je suis sur le pont
je prend la pause
portrait bouche de côté
mon pied d'appel est en place
je suis le micro temps d'avant le pas
l'élan en arrière
je suis le basculement

je marche

lundi 30 juin 2008

Nin

"Mon esprit n'était là que pour les autres - pour leur servir de garantie. Il n'a qu'à sombrer maintenant. Je suis contre mon père, parce qu'il n'est qu'esprit et raison. Je veux vivre seule dans des chambres d'hôtels inconnues. Perdre mon identité. Ma mémoire. Ma maison, mon mari et mes amants."
Anaïs Nin, Journal non expurgé

Lâchez dada

Lâchez tout
Lâchez Dada
Lâchez votre femme
Lâchez votre maîtresse
Lâchez vos espérances et vos craintes
Semez vos enfants au coin d'un bois
Lâchez la proie pour l'ombre
Lâchez au besoin une vie aisée
Ce qu'on vous donne pour une situation d'avenir
Partez sur les routes.
André Breton, 1922

lundi 19 mai 2008

ce soir

je crois que ceci a à voir avec ma Léonie

mercredi 7 mai 2008

la lettre K.

On peut énumérer pour cette vignette : des Kabyles, des cacatoès (anc. kakatoës), des kangourous (anc. kanguroo), un képi, le général Kléber, un kilogramme, un kiosque, un knout, le Kremlin

La lettre K.
- Marie Kelvedon: pseudonyme de Sarah Kane
- Kovalski: protagoniste en cavale du film "Vanishing Point"
- Tadeuz Kantor
- Anna Karina
- Alan Kaprow
- Leslie Kaplan
- Gérald Kurdian
- Anne Kawala
- Franz Kafka
- Frida Kahlo
- Elie Kakou
- Jean-Pierre Kalfon
- Cédric Kahn
- Vassili Kandinsky
- Emmanuel Kant
- Wong Kar-Wai
- Alphonse Karr
- Karx Marl
- Mathieu Kassovitz
- Kateb Yacine
- Katherine Philippe
- Aki Kaurismaki
- Elia Kazan
- Buster Keaton
- Diane Keaton
- Jack Kerouac
- Abdellatif Kechiche
- Salif Keita
- Femi Kuti
- Grace Kelly
- Jackie Kennedy
- John Fitzerald Kennedy
- Joseph Kessel
- Sören Kierkegaard
- Val Kilmer
- Martin Luther King
- Nastassja Kinski
- Paul Klee
- Yves Klein
- Calvin Klein
- Bernard-Marie Koltès
- Alicia Keys
- Kat Onoma
- Kool Shen
- Stanley Kubrick

- K : personnage interprété par Tommy Lee Jones dans "Men in Black"
- K. : nom de plusieurs protagonistes des romans et nouvelles de Kafka (Joseph K. dans Le Procès ou K. dans Le Château)
- K: pseudonyme de l'un des guitaristes du groupe de Visual Kei Moi dix Mois (rock japonais)
- Le K: recueil de nouvelles de Dino Buzzati.
- K: nom du héros du manga Phantom.

vendredi 18 avril 2008

Road Movie

Enfin le temps de me poser à nouveau sur Léonie pas le temps depuis le retour de l'île pas si lointaine.
Hier vu le travail du Collectif Ours. Très beau travail. M'a permis de me remettre au boulot comme s'il fallait toujours un déclencheur extérieur (mais ça c'est un autre sujet). J'ai réalisé que Le Projet-Léonie est en fait très proche de ce que l'on appelle le Road Movie au cinéma. Oui mes trois points de départ (ou obsessions) sont :
- cette île (une carte, un territoire)
- ce personnage disparu ou perdu de vue (Léonie K.)
- ce motif récurrent: la famille (ou un fameux prétexte "initiatique")
Le lieu de mon intrigue est la route elle-même que je parcoure pas uniquement les lieux que cette route traverse.Et ça me renseigne sur certaines directions à prendre au niveau de l'écriture et de la forme finale. Depuis le début de ce projet je ressens fort le désir de me coller à la fiction dans l'écriture peut-être que le thème choisi me pousse à cela, peut-être que c'est une manière de répondre à la question de l'identité et de la famille en me trouvant un autre nom, un prénom avec une seule lettre pour patronyme... ça me fait penser à Derrida dans "Donner la mort" lorsqu'il parle du pseudonyme au sujet de Kierkegaard qui écrit "Mysterium tremendum" sous le nom de Johannes de Silentio. Derrida dit que c'est une manière de se placer comme "le père du père de l'œuvre", de séparer le nom de la signature.
J'ai beaucoup repensé à Gerry de Gus Van Sant sur la musique d'Arvo Part qui m'avait fasciné quand je l'avais vu il y a quelques mois. C'est étrange parce que le cinéma n'est pas une référence pour moi, d'ailleurs je me demande ce qui est vraiment une référence pour moi. Je ne me sens pas très claire avec ça. Je suis toujours envieuse et stupéfaite par les gens qui se revendiquent de tel ou tel mouvement, tel ou tel artiste. Moi j'ai l'impression d'être à la fois la passoire et l'éponge jamais la tranche...mais ceci est aussi un autre sujet. En fait non. A y regarder de plus près CECI est peut-être LE sujet. La question de l'identité (artistique), le mimétisme, l'imitation comme forme d'apprentissage, le choix des références comme choix de filiation. Comment trancher? Faut-il trancher? Comment affirmer cette identité? Faut-il affirmer cette identité?
Le cinéma donc où je ne vais jamais (épreuve quasi laborieuse pour moi que d'aller m'enfermer dans une salle, je crois qu'en fait ça me fait super flipper le cinéma...mais ceci est encore un autre sujet). Donc je décide de m'enfiler une longue série de road movies mythiques, Easy Rider, L'Epouvantail, Paris-Texas, Buffalo 66, Une Histoire vraie, etc.etc.
Mes principaux éléments pour Léonie sont:
- une bande son travaillée comme une ballade, une traversée (lyrique? épique?)
- une longue série de photos prises au cours du voyage et montées elles aussi en ballade = façonner un paysage, étirer le temps, rassembler les éléments, relever les traces de la fiction
- moi et ma capuche rouge (?)
- une chute
- une signature
- un portrait
- un tremblement
- une Léonie K.

vendredi 4 avril 2008

...

Jouer sur la ressemblance
Léonie Bi goût
Bi identity
Jouer sur les espaces flous
Léonie memory
Bi polarité
Jouer du miroir noirci
Léonie portrait
Cubiste bouche de côté

mardi 1 avril 2008

le comble de l'appareil enregistreur

Alors que le 21 mars dernier je me trouvais à Sartène avec mes deux complices A et M-A armée de mon micro sous la tempête "sainte" de la procession du Catenacciu - j'enregistrais en douce et non sans un gros cas de conscience une vieille femme prénommée Navia qui nous accueillait alors dans son intérieur sombre en bois massif...je ne l'ai pas fait en douce pour la piéger non mais alors que l'on entrait dans sa cuisine elle s'est très vite lancée dans un long monologue tout à fait passionnant que je ne me sentais pas d'interrompre pour lui demander l'autorisation d'enregistrer....alors j'ai sorti mon Mini Disc et discrètement j'ai appuyer sur REC...j'aurais dû lui demander car je viens d'écouter mes bandes et par je ne sais quelle opération tout le passage de Navia est introuvable....voilà maintenant je sais qu'il vaut mieux demander et se mettre un minimum au service de la technique que de jouer le jeu de la spontanéité pour à l'arrivée ne rien retenir...= Leçon N°1

mercredi 26 mars 2008

Léonie K. a une capuche rouge et une complice






les pieds jeunes du pénitent


On ne voyait pas son visage
mais la peau des pieds enchaînés
semblait jeune

mardi 25 mars 2008

mardi 18 mars 2008

Première chute

Première chute. Le Christ a chuté trois fois combien de fois ai-je chuté se demande Léonie K. Tant de fois le mollet boiteux pas salvateur pour autant. Pardon? Je ne comprends pas bien - vous dites? Pardon- métro bondé - coup de coude - pardon - sac à main ou écharpe jetée en arrière dans ma tronche- pardon vous dites? Je n'entends pas très bien. Première chute. Mécanisme de la chute. Yves Klein- c'est un saut. La chute c'est pas voulu. c'est cheville genoux hanche - qui parlent seuls en dehors de l'ensemble. c'est le muscle autonome à part entière le klaxon qui se bloque dans la voiture devant la sortie de l'école - c'est la honte assurée. La chute c'est l'élément extérieur- glissade dérapage cogner buter heurter - c'est flaque et feuille mouillée c'est talons hauts perchés et escalier mal calculé. La chute c'est forcé - coups poids charges - c'est effondrement - dernier recours - c'est main qui pousse poids de la culpabilité et manque de sucre - c'est force est de constater. La chute c'est une bonne fois pour toute - le sol. L'espoir du recommencement - trottoir mouillé et face du pile - c'est l'événement du plus rien après. La chute c'est la surprise du pire au mieux la honte et le défi d'assumer au pire le plus rien après. La chute se dresse - événement de l'inattendu - événement de l'insaisissable - l'irréparable - faiblesse visible enfin - la chute c'est visible ou carrément transparent - rien vu rien dit - silence la chute se dresse dedans comme un pic de chaleur un séisme sous-marin - une bouffée d'organes - la chute c'est l'humain qui se voit - limite du pouvoir - limite du vouloir - limite d'y croire - c'est drôle la chute - c'est la limite de l'humain - le temps qui demande pardon - la femme a talons se prend les pieds dans son image - L'homme chute de cheveux - la chute c'est ce qu'on attend - au mieux pour en rire au pire pour tuer - la chute c'est l'abandon - c'est bon - laisser vos bras tomber le long du corps - inspirer - la chute expire - chuter c'est pardonner d'être humain - chute de la monarchie - chute du tsar - chute de l'empire austro-hongrois- chute de Sadam - chute du IIIeme Reich - chute du capitalisme - chuter c'est concéder - chute de reins ou bas du dos - chuter c'est laisser voir ce qui vient après - un homme entre sur scène avance et chute - comment faire une belle chute - l'acteur travaille
Buster Keaton dans "Le Cameraman"

lundi 17 mars 2008

Départ

Le départ pour la Corse approche. Léonie K. se met en marche. La machine se pense et va s'alimenter. Première étape U Catenacciu: la procession religieuse du vendredi saint à Sartène. Plus je lis des choses sur cet événement plus ça me fait un peu peur. En même temps je serais protégée derrière la cagoule de mon mini-disc et de mon micro enregistreur - premier outil pour construire la machine Léonie. ça me rassure un peu de me dire que cette première étape est une préparation du projet - c'est idiot mais ça me permet d'y aller en calmant un peu mes enjeux - même si je me connais et que je sais très bien que je vais me laisser dépasser par les événements...
Aujourd'hui je suis allée chez F. qui est compositrice (soundfactor) et qui m'a fait écouter certains de ses morceaux. Je n'ai pour l'instant pas de proposition précise à lui faire mais j'ai apprécié son travail qui m'a donné pas mal d'idées. Une fois que j'aurais un peu plus de matière je lui proposerais des essais. J'aimerais parvenir pour chacune de mes étapes ( 1. Le pardon / 2. L'héritage / 3. La ressemblance) à réaliser un morceau, une pièce sonore composée à partir de ma production de textes et des témoignages recueillis. J'ai très envie que le Projet-Léonie K. existe en version sonore.

vendredi 14 mars 2008

circuit imprimé

Voulez-vous que je parle de moi Moi qui
De qui est-il question quand
Il est question de moi Qui est-ce Moi
Sous l'averse de fiente Dans la peau de calcaire
Ou encore Moi un drapeau un
Lambeau sanglant à la fenêtre Un flottement
Entre le néant et personne à condition qu'il y ait du vent
Moi déjection d'un homme Moi déjection
D'une femme Lieu commun sur lieu commun Moi enfer rêvé
Qui porte mon nom par hasard Moi angoisse
De mon nom de hasard
MON GRAND-PERE ETAIT
CRETIN EN BEOTIE
Moi mon périple
Moi mon invasion Ma colonisation
Traversées des banlieues Moi Ma mort
Sous l'averse de fiente Dans la peau de calcaire
L'ancre de marine est l'ultime cordon ombilical
Avec l'horizon s'évanouit la mémoire de la côte
Les oiseaux sont un adieu Sont un revoir
L'arbre abattu laboure le serpent de mer
Mince entre moi et ce qui n'est plus moi la coque
LA FIANCEE DU MARIN C'EST LA MER
[...]
Extrait de Paysage avec Argonautes, Heiner Muller

samedi 8 mars 2008

Apprendre à vivre enfin

"Quelqu'un, vous ou moi, s'avance et dit: je voudrais apprendre à vivre enfin"

Citation de Jacques Derrida tirée de "Apprendre à vivre enfin"- Entretien avec Jean Birnbaum - Citation extraite de "Spectres de Marx".

vendredi 7 mars 2008

recherche sur le pardon

Pardon je te demande pardon la France demande pardon je ne peux pas pardonner si on ne me demande pas pardon (?) pardonner c'est peut-être cesser de trouver des excuses [Cf.Stieg Dagerman - "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier"] le pardon me semble passif et de toute façon impossible Derrida le pardon c'est précisément l'impardonnable C'est quoi pardonner donner par dessus soi (?) pardonner c'est reconnaître l'impasse (?) pardonner c'est pour soi (vivre en paix) le pardon c'est l'oubli du passé (?) le pardon c'est sortir de l'impasse Comment le pardon peut-il être actif (?) Qui pardonne à part dieu pardonner à la famille c'est accepter qui je suis ne pas passer mon temps à venger l'histoire venger mon nom que je porte Pardonner l'Histoire c'est avoir de la mémoire connaître les détails identifier les coupables je suis aussi coupable pardonner est-ce dire cela que je suis moi aussi coupable (?) l'impardonnable est digne de pardon le pardon m'englobe dans le crime Une société qui reconnaît ses criminels reconnaît sa propre criminalité je suis moi-même le condamné je suis l'enchaîné le "je" du paysage intra humain pardonner c'est se foutre la paix aucun orgueil à en tirer la posture médiocre du pardon c'est celle qui me rend vertueuse je pardonne parce que je porte en moi le crime de l'autre je est la force du pardon Electre est figée dans l'attente de la vengeance par laquelle elle trouvera la paix retrouvera la valeur du nom porté Electre est immobile Pardonner est-ce tuer? Electre Dame Justice idiote sans nom enlaidie par l'attente Qu'as-tu à dire sur ton immobilité? Faire le tour de la question du pardon c'est pulvériser l'humanité Léonie K. est Electre figée dans l'attente résoudre l'histoire en la répétant Vendetta Venger l'honneur c'est se rendre coupable du même crime que le condamné sentir CE QUE ça FAIT se mettre dans la peau perpétuer PER/PE/TUER Pardonner c'est se placer (?) comme auteur du même voir en l'autre ou en l'acte mes possibilités: j'aurais PU LE FAIRE ou j'ai LAISSE FAIRE ou je porte en moi LA MARQUE DE LA BLESSURE A PARDONNER ainsi je suis façonnée ainsi je suis fascinée je suis le 's anglo-saxon
pardonner est le 's anglo-saxon en cela qu'il me place comme sujet fait le lien entre le jugement et la faute en cela qu'il enchaîne le coupable à sa victime c'est la réalité le pardon n'est pas ce sourire discret petite tape sur les fesses ou grosse raclée n'est pas la bienveillance d'une pauvre âme pacifiste de Sainte Vierge n'est pas la balle dans le torax ou le corps dépecé retrouvé au matin n'est pas les mains jointes et l'oeil humide n'est pas l'oubli du passé pour le confort du corps n'est pas les nuits d'insomnie à regretter d'avoir parlé ou de n'avoir rien dit Le pardon est le désir de tuer le désir de venger mais le pardon n'est pas suicide le pardon est un corps violé une pensée mutilée le mal incarné le pardon n'est pas une solution prônée en dernière page de magazine-santé n'est pas une consolation C'est pourquoi pardonner donner par-dessus soi derrière son épaule jeter le petit verre en cristal le pardon c'est le moment où il se brise C'est quoi pardonner? N'est pas la génuflexion n'est pas une fonction réparatrice n'est pas Chrysotémis soeur d'Electre bouffant à la table des meurtrier pour éviter de creuver n'est pas Electre pouilleuse sur la place publique forçant le passage de sa propre tête dans son propre vagin ne plus entendre sa propre voix crier pourquoi le pardon n'est pas la recherche de la cause le pardon EST la cause Comment ils disent déjà? Pardonnez nos comme nous aussi à ceux qui nous le pardon est un théorème

lundi 3 mars 2008

cheval

si je décide maintenant de travailler sur la famille dessus comme si je la monte la famille un cheval au galop le monte à l'assaut sans selle le dresse aux sauts d'obstacles hippiques courses sur le dos de la famille à cheval sur l'idée d'égo le 's anglosaxon place l'appartenant avant l'appartenu mother's mother nu sur cheval fougueux le saisir à la mâchoire ne pas paniquer surtout éviter de crier difficile quand à force de coup de fouet le cheval prend mes signes d'alerte pour de plus belles envolées avec les ailes mythologiques famille nucléaire pulvérisée par famille recomposée identité intra utérine le fils de la sœur de la mère est le cousin tant aimé le père du frère de la famille recomposée file le parfait amour quand le père de la sœur du frère de la famille recomposée prend pour maîtresse une femme mariée ou le cousin par alliance de la mère de la mère épouse en douce la fille de la fille de la mère uh cheval sur le dos de la famille le code civil entre les dents les belles dents du cheval harnaché empreinte radiographique de l'atome de parenté je ne suis pas un cheval ma mère n'est pas un cheval mon père n'était pas un cheval la mère de ma mère n'est pas un cheval le père de ma mère n'était pas un cheval le père de la mère de ma mère n'était pas un cheval la mère de la mère de ma mère n'était pas un cheval le père du père de la mère de ma mère n'était pas un cheval la mère du père de la mère de ma mère n'était pas un cheval le père de la mère de la mère de ma mère n'était pas un cheval la mère de la mère de la mère de ma mère n'était pas un cheval je décide d'être un cheval mon enfant ne sera pas un cheval l'enfant de mon enfant ne sera pas un cheval

dimanche 2 mars 2008

Filiation Matrilinéaire (dite utérine)

L'individu est cette fois inclus dans le groupe consanguin de sa mère : les droits se transmettent par les femmes. L'homme n'est dans ce cas qu'un mari qui a peu d'importance, mais c'est le frère de la mère (oncle) qui possède des droits sur les enfants. On trouve aussi des sociétés où la parenté est patrilinéaire alors que le droit de propriété (y compris l'état d'homme libre) est matrilinéaire. Dans ce système, les femmes n'ont souvent pas plus de pouvoir politique que dans le précédent, bien que leurs rôles économiques et religieux soient plus importants. On doit donc distinguer parenté matrilinéaire et matriarcat : la parenté matrilinéaire est la plupart du temps patriarcale.
La famille matrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de sa mère. Cela signifie que la transmission, par héritage, de la propriété, des noms de famille et titres passe par le lignage féminin.
Toutefois, une gradation dans la transmission des noms ou des titres de propriété se remarque à mesure de l'emprise de la filiation patriarcale. Dans la filiation matrilinéaire, cette transmission en arrive alors à passer de l'oncle (le frère de la mère) au neveu (le fils de la sœur).
La transmission de l'héritage (notoriété, position sociale, biens et services) s'est d'abord effectuée de mère à fille. Par glissement, elle s'est opérée ensuite de mère à fille et à fils, pour finalement se réaliser d'oncle à neveu. Il est remarquable, dans ce contexte, que la filiation (fils) de père à fils est totalement occulté, en tant que substantif, la filiation (fille) de mère à fille, alors que la culture passe généralement par cette filiation.

MACHINE

Léonie K. est une machine. Léonie K. est le multiple
Elle est le projet dans sa globalité = son titre
Elle est le personnage du récit = son héros ou anti-héros = Les différentes voix qui parlent
Elle est l’auteur qui cherche à écrire sur la famille aujourd’hui = moi
Elle est la fiction = l’imaginaire à l’œuvre
Elle est le documentaire = la réflexion en direct de l’auteur sur le texte en train de s’écrire / le terrain parcouru / la population rencontrée
Elle est la scène où se déroule / où s’est déroulée / où se déroulera l’action = elle est l’histoire / le présent / l’espace scénique de la représentation
Léonie K. est une machine - un projet global
En cela le Projet-Léonie est une expérience d’écriture qui convoque les démarches dites documentaires et celles de l’écriture théâtrale (post-dramatique) en confrontant la démarche (la marche) du déplacement sur un territoire donné et l’articulation d’un récit (fiction) en vue d’une présentation publique.

L'atome de parenté

mercredi 20 février 2008

phénomène optique de réfraction



La corse vue de Nice par phénomène optique de réfraction. J'ai jamais vraiment su si c'était vraie cette histoire. Enfant je me souviens l'avoir vue, moi aussi, la corse par phénomène de réfraction optique ou optique de réfraction, depuis le balcon de ma grand-mère, à Grasse. Mais comme les apparitions de la vierge en Sicile, je me demande s'il s'agit pas d'une hallucination collective...en tout cas dans mon entourage tout le monde dit avoir vu la corse au moins une fois dans sa vie, un jour de ciel très dégagé, un jour de mistral très tôt au petit matin...oui avoir vu la corse se profiler sur l'horizon de la méditerranée.

dimanche 17 février 2008

Nouvelle épingle sur la carte


Aujourd'hui j'achète le journal du dimanche, je ne le fais jamais mais ça allait bien avec la baguette chaude de ce matin. Me plonge un peu forcée dans la lecture - et tombe sur un article intitulé: "Filiation: C'est une rumeur, mais elle tient bon: le père du Guide lybien serait....un aviateur corse!". Kadhafi serait le fils de l'aviateur Albert Preziosi!!!
L'article se rapproche plus d'une chronique de fiction que de l'enquête journalistique et me fait beaucoup rire pour cela, tant les éléments glanés parmi les habitants du village natal de Preziosi et exposés comme des indices relèvent vraiment de la divagation...C'est parfait!!! L'actualité au bord de la fiction, le méchant chef lybien aurait un père corse, ancien aviateur, héros de "la France libre"....c'est à se demander si on chercherait pas à accueillir Kadhafi comme un français....mais corse donc déjà relayé à un rapport particulier vis-à-vis de l'identité...
En tout cas, cette nouvelle apporte une nouvelle piste à mon exploration corse autour de la question de la famille et à la recherche de mon personnage de fiction, personnage lui-même à la recherche de son propre récit.
J'ai décidé de partir en corse avec trois questions - ces questions que je considère un peu comme la boussole qui me permettra de me diriger sur le territoire corse et à l'intérieur de mon récit:
Je décide que la première question sera celle du pardon:
- Avez-vous déjà pardonné à un membre de votre famille?
La seconde question porte sur celle du mythe familial:
- Qui est le héros de la famille?
Quant à la troisième il s'agit de poser celle de la ressemblance:
- A qui ressemblez-vous?
Je crois que le village de Vezzani, en haute-corse (ça tombe bien je n'avais jusqu'à présent que des pistes dans le sud) sera le terrain de ma troisième question. J'aime l'idée que cette troisième question ouvre sur l'élucubration, le fantasme, l'imaginaire. A la fois la ressemblance serait à priori un élément concret et indefectible de la filiation (être tout le portrait de son père par exemple) et suggère en même temps une possibilité d'évasion et de choix à l'intérieur même de la notion d'identité, à savoir la question du modèle. La question de la ressemblance dans l'article du journal du dimanche est le seul élément qui semble opérer comme l'élément à charge le plus frappant, ici la secrétaire du maire du village de Vezzani affirmant que quand même "il y a la ressemblance entre Preziosi et Kadhafi"...
C'est incroyablement excitant de voir comment l'imaginaire se met en branle dès lors qu'on brandit l'élément de la ressemblance - et ça ne peut m'empêcher de me faire penser à ce projet de loi sur l'immigration qui pose comme principe la filiation comme moyen de filtrer et de reconnaître l'identité d'un individu et sa venue sur le territoire. La question de la ressemblance pose vraiment cette double question de l'identité - l'identité génétique (les traits, le portrait, le corps, la voix) et l'identité comme choix (filiation sociale, intellectuelle, politique).
J'accroche donc une nouvelle épingle sur le point de la carte où est légendé le village de Vezzani
A Vezzani je demanderais: A qui ressemblez-vous et je crois que je mènerais en parallèle ma petite enquête sur cette histoire de Kadhafi....
A suivre

mercredi 13 février 2008

...

Léonie part / Léonie a compris / dit et approuvé dans la fumée
Léonie part quitte le plancher
attrape son couteau de boucher pas coupant mais super luisant
c'est dans le vivant qu'elle veut trancher
Léonie dit
il faut trancher

lundi 11 février 2008

La réponse de Lear

Soit! Que ta vérité te serve de dot!
Puisque, par les rayons du divin soleil,
Par lesmystères d'Hécate et par la nuit,
Et par tous les pouvoirs des sphères célestes,
Dont nous tenons l'existence et la mort,
Je désavoue tous mes devoirs de père,
Les liens du sang et de la parenté,
Et te tiens pour toujours, et dès à présent,
Etrangère à mon coeur! La Scythe barbare,
Ou celui qui fait cuire ses enfants
Pour assouvir sa faim, trouveront en moi
Autant de sympathie, de pitié ou d'accueil
Que toi, qui fus ma fille.

[...]
Silence Kent!
Ne viens pas entre le dragon et sa colère.
C'est elle que j'aimais le plus, et je comptais bien
Confier mes derniers jours à ses tendres soins...
(A Cordélia.) Va-t'en! Fuis mes regards!
Et qu'au tombeau ma paix soit aussi totale
Que ce déssèchement d'un coeur paternel.
[...]
Et qu'elle épouse l'orgueil, qu'elle nomme de la franchise
[...]

Comment Cordélia renonça à son héritage

Mon cher seigneur, vous m'avez engendrée,
Et élevée, et aimée; pour ma part,
Je vous rends comme il faut ces choses dues
En vous obéissant, vous aimant et vous honorant entre tous.
Pourquoi mes soeurs ont-elles des époux, elles qui assurent
N'aimer que vous? Grâce à dieu, si je me marie,
Le prince dont la main prendra la mienne
Aura aussi la moitié de mon coeur,
Et de mes attentions et de mon respect. Croyez-moi,
Je ne me marierai jamais comme ont fait mes soeurs
Pour n'aimer que mon père!

Cordélia à son père le Roi Lear
In Le Roi Lear, William Shakespeare

dimanche 10 février 2008

Le K. Léonie

Léonie K. est
arc tendu
Le K. vise le mou de
Léonie harmonie
Léonie sait
Et moi
Tout inventé

Léonie A
La bouche sableuse-sablier
Des mots
Comptes à rebours
L’œil de la méduse
Cœur percé
Décapité
Et la joue ?
En orbite maigreur
Léonie sait
Et moi
Tout inventé

Léonie a l’âge
Des voyages
D’où l’on revient
Laide
Car
Léonie porte Athènes
Et
Athènes ne cicatrise pas
Sur la bouche
Happy end
De Léonie harmonie
Oh Léonie ! tu sais
Oh Léonie ! j’ai tout inventé

Léonie répète
Ce matin-là de mars
Le ciel en lune apparente
Etait trompeur
Léonie sait
Oh Léonie sachant

Répète : on ne voyait pas si bien que ça
Ce matin-là
Qu’as-tu à dire Léonie
Sur ton immobilité ?
Oh Léonie !
Ils t’accusent

Qu’as-tu à dire
De ta virginité
Reconstituée ?
Léonie sait
Oh Léonie se tait

Elle ne joue pas aux dominos
Léonie
Préfère au lac
Jouer du pédalo
Léonie sait
Et moi
Tout inventé

Oh Léonie
Oh…

samedi 9 février 2008

L'Album de la Catsiglione


Virginia Oldoïni, comtesse de Catsiglione (1837-1899).
Exposition au Musée d'Orsay.
Extrait du texte de Christian Bérard décrivant la comtesse:
-"[...], Je voudrais vous décrire ce monstre merveilleux. [...], Le monstre est vêtu d'un ample domino qui recouvre la crinoline et l'immense échaffaudage de la coiffure. Ce personnage marche de long en large - sous le domino sort une main qui tient une faucille, de l'autre main qui doucement lentement se montre tenant une bouteille de Chianti..."

Léonie K. a un nouveau complice

Message reçu d'une complice anonyme
-" [...], n'oublie pas que l'île pas si lointaine comprend un curieux chemin dont le nom de code est GR20".

jeudi 7 février 2008

Message zum Berlin fur Léonie

Léonie K. a des complices...

Elle fait l'avion - Alain Bashung

Léonie a le torticolis
Léonie a descendu la nuit
Léonie monte sur son pony
Ici y'a moi, ici y'a moi
Elle n'est pas là
Du haut du mât
La vigie me crie terre
Elle révise deux ou trois mousquetaires
Vilenies tout ce que l'on nous dit
Sur Léonie
Elle fait l'avion, elle fait l'avion
Décrit un cercle dans le ciel
Je fais des ronds, je fais des ronds
La patte dans une écuelle
J'ai fait une croix sur ses seins galbés
Rien n'y fait, rien n'y fait
L'amour est encore de son ressort
Elle fait l'avion, elle fait l'avion
Décrit un cercle dans je ciel
Je fais des ronds, je fais des ronds
La patte dans une écuelle
Je veux te dominer aux dominos
Je te veux nue sur l'avenue à chaud
Je veux te dominer aux dominos, dominos, dominos
J' m 'attends à tout et je m'endors
Le dernier couché baisse le store
La joie qui nous inonde n'est pas feinte
Vilenie tout ce que l'on nous dit
Je veux te dominer aux dominos
Je te veux nue sur l'avenue à chaud
Je veux te dominer aux dominos, dominos, dominos

mercredi 6 février 2008

Léonie K.


La fiction comme point de départ ou l’errance documentaire fléchée par la légende.Je décide de partir sur les traces de Léonie K., personnage de ma fiction en pousuivant ma quête autour de la famille comme institution secrète. Je décide d'écrire au fur et à mesure de mes étapes sur un territoire et à travers mes rencontres avec la population.
J’invente L’histoire de Léonie K.
Léonie K. est un personnage de fiction
J’invente
Léonie K. a la bouche sableuse-sablier pour mots compte à rebours
L’œil de la méduse pour cœur percé décapité
Et la joue en orbite maigreur
Léonie K. est arc tendu. Le K. vise le mou de Léonie harmonie

Le temps de l'enquête Caroline M. sera Léonie K.
Je décide de partir là où Léonie aurait été vu pour la dernière fois
L'île corsaire
et je lis je lis
tout ce qui peut nourrir mes questions sur
comment (d')écrire le drame (la tragédie) familial?
et en ce moment je lis Shakespeare

mercredi 30 janvier 2008

passage difficile

Travaux manuels avec mon copain Monster. Grande épopée à travers les lois de la juste mesure - passage étroit pour contreplaqué mou - avons passé le colimaçon avec succés mais perte totale de la forme initiale. Etagère remontée à la force du bras mais étagère bien molle après colimaçon ravageur...bref elle tient, adossée au mur et supporte le poids de mes chaussures à talons....Et comme New York je me redresse





dimanche 27 janvier 2008

Immobilité

- "Je n'ai jamais attendu autant ce jour où il ne se passera rien
- Nous allons vers quelque chose. Même s'il ne se passe rien nous avançons vers quelque but
- Lequel?
- Je ne sais pas. Je ne sais quelque chose que sur l'immobilité de la vie. Donc lorsque celle-ci se brise, je le sais."
Le ravissement de Lol V.Stein, Marguerite Duras

Si l'exploration est une errance l'immobilité en est sa principale composante. L'immobilité se meut, je le sais.

mercredi 23 janvier 2008

le récit de voyage ou "fiction documentaire"

Tiens, je poursuis mes recherches pour le projet "exploratrice" et je tombe sur cet article remue-net sur Philippe Vasset, auteur du Livre Blanc, dont A. m'a parlé tout récemment alors que je lui racontais mes envies d'exploration à travers la contsruction d'un récit, un récit pour la scène, disons pour une forme vivante, en direct, pour une installation...je lui racontais alors mes envies de partir de ce que cette rencontre avec F. vieille dame de 80 ans pouvait être le point de départ et le récit de ce qu'elle m'a confié pouvait me servir de "carte" pour partir sur le territoire même de son récit, cette île pas si lointaine...cela correspond aussi à mon désir d'ouvrir la thématique de ce projet au lieu de la réduire à l'objet même du récit de F. Ce qui m'intéresse c'est de partir de cette thématique de la famille, de la filiation, de la mémoire, en construisant mon récit à travers mes différentes étapes, escales, thématiques, rencontres. Ma première escale j'aimerais la faire, sur la question du Pardon, le jour du vendredi saint, lors d'une fête donnée en l'honneur d'un pénitent, qui se charge de la croix et refait le chemin pour expurger ses fautes....dur oui, ou un peu barré, mais cette question du pardon par rapport à la famille me hante, je voudrais aller voir de plus près, là où certains croient encore aux vertus du rituel, comment on pardonne, comment le mécanisme du pardon se met en branle, la-bas sur cette île pas si lointaine....
Donc il s'agira de la première épingle clouée sur la carte et de la première étape de l'exploratrice Léonie!! Je crois que j'aime bien ce nom mais je me donne le droit de changer encore mille fois d'avis, par exemple j'aime bien aussi Lady Montagne...

Bref tout ceci est à rapprocher de cette réflexion :
- « pour laisser s’épanouir ces formes inachevées, pour permettre la coexistence et l’interpénétration réciproque du réel et de la fiction, pour ouvrir le texte à ses lecteurs, il nous faudrait, au lieu du roman, une forme plus proche de ce que l’art contemporain appelle installation, c’est-à-dire une juxtaposition d’éléments entre lesquels on puisse circuler, un texte préparé comme l’étaient il y a cinquante ans les pianos, bref, une machine. » C’est un extrait de « Machines romanesques », la contribution de Philippe Vasset au livre collectif Devenirs du roman réalisé par la revue Inculte au début de l’année 2007.
J'aime bien cette idée de machine "romanesque", d'exposition du mécanisme...tiens ça me rappelle un peu le texte de Gertrude Stein présenté lundi soir par le TOC...

combi humide à l'extérieur mais toujours étanche...et jaune biensûr!

Panoplie d'exploratrice 1


un peu bleu adjani
pour french riviera spéléologie
trouver le côté safari
pour aller avec le fusil

mardi 22 janvier 2008

exploratrice

Exploratrice: Personne qui explore un pays lointain, peu accessible ou peu connu.
Recherches du moment sur les exploratrices pour nouveau projet d'écriture et de "mise en espace".......pfou définitivement je ne sais plus comment dire.....j'évite de dire théâtre comme pour ne pas me mordre la langue....et la queue...ça va passer, en attendant l'enjeu n'est pas là, il est dans ce nouveau projet d'écriture qui me fait explorer des pays bien lointains et peu accessibles: la famille / la filiation / la mémoire.....moi qui me convainc que l'institution familiale est l'institution la plus aliénante qui soit, je vais devoir trouver d'autres arguments...bref, pour ce projet:
- compte partir pour une île pas si lointaine
- compte faire du son et de la vidéo avec des gens dont c'est le boulot et plus faire les choses qu'avec mes deux mains
- compte aussi me déguiser en exploratrice.N'ai pas encore trouvé le costume. Faire comme Jane Dieulafoy (célèbre exploratrice, en photo ici) qui avait opté pour le costume d'hommes ou comme Tintin dont l'élément chien est un fondamental ou Calamity Jane dont l'élément fusil n'est pas sans me donner quelques idées...je continue à chercher
- compte avancer en lisant des cartes de géographie et faire des points et piquer des épingles sur les coins parcourus



Donc hier soir au théâtre de la Colline vu le travail du TOC, conférence-performance : Gertrude Stein, la composition comme explication, dans le cadre du Séminaire sur "L'impact de l'avant-garde américaine en Europe et la question de la performance". Je suis assez curieuse de leur travail, en fait, même si j'avoue ne pas avoir saisi toute la finesse et la complexité du texte de Stein via le dispositif scénique et la performeuse, ces derniers ne rendaient finalement qu'inconfortable ce qu'une lecture confortable aurait pû être. S'il s'agissait en effet de la question de la composition comme équation multiple du regard, du temps et donc de la création, en effet l'espace de la scène et le corps de l'acteur compris dans leur immédiateté représentent un mécanisme idéal pour explorer cette question et en expérimenter en direct tous le champ des possibles.N'empêche que suis bien contente d'avoir vu leur boulot et je suis assez curieuse de découvrir d'autres choses....
Puis quelques heures après vu "Le Stade de Wimbledon" de Mathieu Amalric, avec Jeanne Balibar dans le rôle d'une chercheuse (universitaire) à la recherche d'un auteur [sans livres]. Je me suis volontiers attachée à tout le fléchage de sa quête pour récupérer des élements sur la vie de cet homme et le lien entre son errance et la construction du récit, d'un tout autre récit.

deuxième message sur le spot
combi encore étanche
et du haut de la montagne ça tangue un peu

dimanche 20 janvier 2008

sur le spot

ce soir premier pas de fourmi fébrile sur le blogspot
spot des bloggers
ou "comment faire un blog" (bloc: Joris Lacoste)
du haut de la montagne ici on peut voir arriver une nouvelle vague
blog blanche déferlante pour:
vague à l'âme retransmission publique immédiate
ou brouillon à ciel ouvert des travaux en cours
ou streap-astro avec paiement sécurisé
oui ceci est encore le moyen de faire propriété de mes biens
ceci est un coffre
ceci est un spot / une toile
une manière de faire planche / tableau / support / scène /
une manière de se faire croire que ça bosse dur là-dedans
de justifier le peu de temps passé dans la rue ces derniers temps
de fumer le clope librement
d'écouter le dernier album de PJ en se demandant si on est si d'accord que ça avec les dithyrambes critiques
bref être sur le spot comme on dit chez les gosses-beaux de surfers
et moi j'enfile ma combi...