mercredi 16 février 2011

Remember Violetta










Photos Jean-Louis Fernandez

mardi 15 février 2011

Valence City










lundi 14 février 2011

Se Souvenir de Violetta - la première c'est demain à la Comédie de Valence

Du 15 au 19 février à 2O heures


Texte: Caroline Masini
Mise en scène: Caroline Guiela
Avec: Caroline Arrouas, Emmanuel Cuchet, Ruth Nüesch, Lucas Partensky
Dramaturgie: Mariette Navaro
Scénographie: Alice Duchange
Son: Antoine Richard
Lumières: Jérémie Papin
Costumes: Benjamin Moreau
Régie Générale: Gilbert Morel

Production: Comédie de Valence - CND Drôme Ardèche
Coproduction Théâtre National du Luxembourg / Compagnie des hommes Approximatifs/ avec le soutien artistique du Jeune Théâtre National et la complicité de la Maison des Métallos et du TNP- Villeurbanne

http://www.comediedevalence.com/

mardi 8 février 2011

Projet pour Vision Liquide

Avec "Vision liquide" je voudrais écrire un texte à deux vitesses - le temps du texte sur la page et son doublage sonore - mettre en avant le délai dont je parle dans Vision Liquide 3. - ce délai entre la mécanique de la vue et le corps qui voit - qui tente de voir - qui tente de suivre cette mécanique - sans toutefois y parvenir.
Pour mettre en avant ce délai je décide d'enregistrer la bande son - le doublage du texte.
ça me fait penser au texte que j'ai écrit "Chanson qui roule sur une départementale de campagne" dont Aloyse Leledy décide de faire un film - et son projet commence par la réalisation de la bande son.
Le texte se composerait d'une série de plusieurs visions liquides - cette série à pour but d'intégrer le principe narratif comme une résolution - une solution. L'idée serait de parvenir au fur et à mesure du temps du texte à ce que le délai se réduise et finisse par disparaître - qu'il y ait une solution finale dans un seul accord. Une sorte de happy end - parce que l'esprit et la mécanique de la vue se serait enfin rassemblés. Vision liquide se serait comme un projet d'acceptation.....

"Il n'y a dans le visible que les ruines de l'esprit"
Maurice Merleau-Ponty - Le visible et l'invisible

Durée / Obstination

"L'énigme de la pensée de l'amour c'est la question de cette durée qui l'accomplit. Le point le plus intéressant, au fond, ce n'est pas la question de l'extase des commencements. Il y a bien sûr une extase des commencements, mais un amour, c'est avant tout une construction durable. Disons que l'amour est une aventure obstinée. Le côté aventureux est nécessaire, mais ne l'est pas moins l'obstination. Laisser tomber au premier obstacle, à la première divergence sérieuse, aux premiers ennuis, n'est qu'une défiguration de l'amour. Un amour véritable est celui qui triomphe durablement, parfois durement, des obstacles que l'espace, le monde et le temps lui proposent.
[...], C'est la question de la durée qui m'intéresse dans l'amour. Précisons par durée, il ne faut pas entendre principalement que l'amour dure toute la vie, qu'on s'aime toujours, ou pour toujours. Il faut entendre que l'amour invente une façon différente de durer dans la vie. Que l'existence de chacun, dans l'épreuve de l'amour, se confronte à une temporalité neuve.
[...], Je soutiens que l'amour est en effet ce que j'appelle dans mon jargon de philosophe une "procédure de vérité", c'est-à-dire une expérience où un certain type de vérité est construit. Cette vérité est tout simplement la vérité sur le Deux. La vérité de la différence comme telle. Et je pense que l'amour - ce que j'appelle la scène du Deux - est cette expérience. En ce sens, tout amour qui accepte l'épreuve, qui accepte la durée, qui accepte justement cette expérience du monde du point de vue de la différence produit à sa manière une vérité nouvelle sur la différence.
[...], Les difficultés de l'amour ne tiennent pas à l'existence d'un ennemi identifié. Elles sont internes à son processus: le jeu créateur de la différence. C'est l'égoïsme qui est l'ennemi de l'amour, non le rival. On pourrait dire: l'ennemi principal de mon amour, celui que je dois vaincre, ce n'est pas l'autre, c'est moi, le "moi" qui veut l'identité contre la différence, qui veut imposer son monde contre le monde filtré et reconstruit dans le prisme de la différence.
Le drame amoureux est l'expérience la plus nette du conflit entre l'identité et la différence.

Alain Badiou, Eloge de l'amour

dimanche 6 février 2011

Vision liquide 3.

Questions de regard encore et toujours...

Comme l'étranger - perdu dans une ville bruyante du sud de l'hémisphère - sa propre ville peut devenir une carte indéchiffrable - impossible de s'y retrouver - refaire le chemin mental pour se rendre d'un point à un autre - mais une fois dans la rue - la vision est brouillée.
Les rues sont tortueuses - on perd son chemin sur les parcours les plus quotidiens. On pense s'évanouir - on se demande même si on n'est pas déjà mort - si une voiture ne vient pas de nous faucher et qu'on ne s'en est pas encore aperçu - si un tremblement de terre ne vient pas de frapper et qu'on est - en fait - déjà sous les décombres.

Regardez son squelette traverser la rue et avoir quelques pas de retard.
Il y a comme un délai entre le temps qui passe et celui d'un corps qui voit - une bande son décalée - un doublage raté - les mots ne collent pas aux lèvres qui bougent.

Pourtant, le paysage est beau vu sous cet angle - comme très tôt le matin quand on ne distingue pas encore la différence entre la lumière et la couleur - c'est du bleu - ce n'est pas encore de la lumière - ce n'est que du bleu - ça n'éblouit pas - ça se propage - ça commence seulement à naître.

Ce léger décalage entre l'œil qui se ferme et l'œil qui s'ouvre.

Encore une fois - il faut compter - s'en remettre au solide - à ce qui tient droit sans l'aide de personne.

1 pylône électrique -
6 lignes blanches du passage clouté -
Sortie 2 - quitter la gare -
Ligne 1 -
Suivre la flèche -
Ligne 9 -
Arrêt -
Descendre en queue de train -
Sortie N°1 -
Monter les escaliers -
13 marches -

Il faut parfois résumer la perception à de la signalétique

samedi 5 février 2011

Vision liquide 2.

Et encore des questions de regard...

Quand le regard ne cesse - de revoir au lieu de voir - la vue se perd au service des visions.
Mais les visions sont trompeuses - superstitieuses - aliénantes - anachroniques.
Il faudrait pouvoir regarder la mer aller et venir et s'en remettre.
Se voir tomber dans la rue avec ses sacs de courses - regarder rouler la boîte de tomates pelées - tourner la tête et constater que l'arbre tient toujours droit.
Voir au lieu de revoir - ce serait comme accepter la chute - une bonne fois pour toute et s'en remettre.
S'en remettre à la mécanique de ses yeux comme à une loi - ce que l'on voit très exactement.
Il faudrait compter - lister - énumérer:
1 lampadaire -
2 lampadaires -
1 pas -
2 pas -
1 voiture rouge -
1 navarin d'agneau -
1 homme au foulard vert -
3 chiens en laisse -

S'en remettre à la vue -
Devenir mécanique -
Ne plus être qu'anatomique

vendredi 4 février 2011

Gravité

Retrouvé dans mes archives un précieux commentaire de mon amie à la scie...

"La perspective d'une frénétique partie de jambes en l'air avec la torride Joy l'effraie tout de même un peu. Il apprécierait quelque chose de plus réfléchi, de plus grave; car il a appris avec le temps que la gravité – et non pas la gravitation – fait partie de l'acte d'amour. Ou, autrement dit, que l'amour se fait avec gravité, sinon ce n'est que de la gravitation; de la chute de corps."

"Marseille, Illinois", Bruno Leydet, 2009, éditions L'écailler du sud

mercredi 2 février 2011

passion...


« Puissent-ils croire et rire de leurs passions. Car ce qu’ils nomment «passion» n’est pas la force de l’âme, mais une friction entre l’âme et le monde extérieur. » A. Tarkovski, Stalker.


Pièce Radiophonique - Université de Nice

Avec le petit groupe d'étudiants de 2ème année (8 au total!) nous avons décidé de créer une pièce radiophonique en prenant comme terrain d'exploration la fac elle-même. Nous travaillons donc sur des principes d'écriture basés sur la marche, l'exploration du lieu et les dérives fictionnelles possibles. Dans un second temps nous avons procédé à une exploration du lieu munis d'un appareil enregistreur. A partir d'un plan établit en cours - nous sommes partis à la rencontre de différents "personnages" du campus et avons recueillis pas mal de "perles"...grâce à la participation des techniciens, bibliothécaires, serveurs de la cafétéria, etc. Une attention toute particulière durant notre errance a été faite à la présence sonore à l'état brut - son de l'horloge, foule d'étudiants, voix lointaines d'un cours de philo à travers la porte d'un amphi, son de la machine à café...bref tout un champ sonore qui indique où nous nous trouvons et nous a permis d'entendre des choses auxquels nous étions alors peu sensibles.
Maintenant nous démarrons le montage et l'agencement de toute cette matière (textes des étudiants et matière sonore) en vue d'une forme finale à laquelle les étudiants ont décidé de donner le titre suivant: Au creux de la fac
La difficulté maintenant - comme dans tout processus d'écriture et de montage - est de donner à toute cette matière une forme cohérente, lisible, rythmée et bien entendu plaisante. Comme il s'agit d'un cours et que j'aime tout particulièrement l'idée que chacun puisse produire et découvrir son propre processus de travail - je décide que nous travaillerons collectivement une introduction - disons un générique (qui est déjà quasiment terminé!) et que chacun se chargera de la réalisation d'un épisode. Afin de garder une cohérence à la forme globale - je demande à chacun de travailler sur un lieu précis du campus et de nous en proposer une dérive entre matière documentaire brute - matière sonore et sa propre production textuelle. Ainsi la forme finale devrait ressembler à une sorte de "visite guidée" - chaque "épisode" correspondant à un lieu - un personnage et un texte...à suivre!